A 27 ans, le rappeur D6 débarque tout en décontraction et détermination dans le rap. Avec un premier EP en approche imminente, le jeune artiste nous transporte dans un univers musical qu’il a mis du temps à apprivoiser mais avec lequel il s’exprime désormais sans complexes. RENCONTRE AVEC…

D6, comment vas-tu ? Pourrais-tu te présenter aux lecteurs de SUPERBE MEDIA qui ne te connaîtraient pas ?

Ça va ! Moi c’est D6, je viens du 14ème arrondissement de Paris, Porte de Vanves, Plaisance, Moulin de la Vierge… Je suis un jeune rappeur de Paris et j’explore le monde avec mes frères.

Tout d’abord, d’où vient ton blaze ?

De base, il y avait un bat’ en face de chez moi avec une boite aux lettres sur laquelle était marquée DRI6. Je m’appelle Idriss et comme je passais souvent dans ce bâtiment, les grands qui y squattaient à force de me voir passer, m’appelaient tous DRI6. Je ne comprenais pas pourquoi. Jusqu’au jour ou j’ai vu cette boite aux lettres et tout le monde a commencé à m’appeler DRI6. Aussi, avant je jouais énormément et le dé (avec la lettre D) est rentré définitivement dans mon blaze, c’était logique.

Peux-tu nous expliquer comment et pourquoi tu t’es mis au rap ?

J’ai fait de la musique très jeune. Il faut savoir que mon père faisait de la musique et  que ma mère travaille pour un festival de musique donc j’ai vraiment été bercé par la musique depuis que je suis petit. D’ailleurs, pour la petite anecdote, ma mère m’a dit que j’avais été bercé par les bras de NINA SIMONE lorsque j’étais tout petit. Dommage que je ne m’en souvienne pas. J’ai donc fait du saxophone pendant six ans puis je me suis mis à la prod’ avec un gars de mon quartier et de mon crew, le JUICE GANG. Je produisais, lui rappait, puis un jour j’ai écrit un vieux texte en dix minutes, que j’ai ensuite posé. C’était tellement drôle et kiffant que je me suis lancé dans la vibe.

Quelles sont tes références artistiques ?

J’en ai énormément. De base j’ai beaucoup été bercé par les sons venus des USA : le blues, le jazz, le RnB… En terme de rap, mes grands cousins me faisaient découvrir ce qu’ils écoutaient quand ils étaient jeunes dans les 90s, à savoir NTM, BOOBA, 45 SCIENTIFIC, OXMO PUCCINO, MC SOLAAR… Mais dans ma jeunesse, je me suis énormément cherché d’un point de vue musical et un jour je suis tombé sur le rap.

Tu as récemment collaboré avec VERSO sur le titre « ROAD », un artiste que l’on aime beaucoup chez SUPERBE. Comment s’est faite votre rencontre ?

On a un ami en commun qui s’appelle FUSY et qui nous a présenté. VERSO est passé chez moi, on a écouté du son, on a réalisé une petite maquette et les choses se sont faites au feeling. Je fonctionne au feeling. Je ne fais pas de feat arrangé. Que les frérots et rien d’autres.

Peux-tu nous parler du JUICE GANG ?

C’est une longue histoire. C’est une grande famille. Il n’y a pas que des rappeurs dans ce collectif, il y a aussi des graphistes, nos meilleurs potes, des gens qui sont dans la mode etc… C’est une grande communauté. Dans le JUICE GANG, notre truc c’est qu’on ne boit que du rhum et que l’on mélange forcément avec du jus. D’ou le JUICE GANG, un mélange de jus avec des choses fortes, de sentiments et de vraies valeurs.

Il y a un an vous sortiez le titre estival « MUAY THAÏ » , a quand le retour musical du JUICE GANG ?

Ça bosse. Je ne donnerais aucunes informations, mais ça va arriver.

Dans le titre « VAL KILMER », vous dites «  Je ne sais pas ce qu’ils veulent ? Je ne vais pas sortir la nuit portant le costume de Val Kimer. » . A quoi vouliez-vous réagir ?

Ce morceau il est clairement orienté contre les forces de l’ordre. VAL KILMER fait référence au plus mauvais film de BATMAN réalisé par JOEL SHCUMACHER. C’est un titre contre les mauvais flics et les mauvais joueurs. J’ai été confronté assez jeune à la police et avec ce titre on a essayé de parodier cette situation pour dénoncer leur présence permanente.

Ton premier EP est en approche d’après les réseaux sociaux. Alors c’est pour quand ?

Pour l’instant il faut rester mystérieux. Je peux simplement vous dire que ça ne sortira pas cet été.

Dans cet EP on découvre le titre intitulé « MILLI », sur lequel on entend clairement ta progression musicale mais également une réelle volonté d’avoir une approche visuelle plus poussée. Peux-tu nous en parler ?

Oui, avant j’était en crew, mais le fait de faire un projet solo m’a permis de me concentrer plus fortement sur mon personnage et sur moi-même. J’avais milles idées et je me suis lancé dedans avec tout ça. Ça m’aide à me développer et chacune des idées est toujours utilisable.

Qu’est ce que tu aimes dans le rap actuel ? Et à l’inverse que détestes-tu ?

J’aime la franchise et la musicalité. C’est pour ça qu’au début, dans mon approche du rap, j’avais du mal à trouver mon truc car il n’y avait pas autant de musicalité qu’aujourd’hui. Aujourd’hui la musique hip-hop se mélange à tout. Après il n’y pas grand chose que je déteste dans le rap.

Lorsqu’on regarde tes visuels et tes clips, on sent que tu aimes la sape. Qu’est-ce que tu aimes dans le fait de montrer ce côté là ?

Avant je n’avais rien et maintenant quand je peux me permettre de m’acheter des choses qui me font plaisir, je le fais. Après ça peut m’arriver de ne pas m’acheter de sapes pendant un an, même si je regarde en permanence ce qui sort, car j’adore la mode. Comme je t’ai dit je fonctionne au feeling dans tout ce que j’entreprends.

Quelles sont tes trois marques de sapes françaises préférées ?

Je vais faire des jaloux, c’est pas bien. WALK IN PARIS, les frérots. MÉLANGE, une vraie rencontre. Et enfin AGNÈS B.

Derniers mots .

Big-Up à toute mon équipe, tout le JUICE GANG, mes beatmakers et big-up à SUPERBE !

.

Propos recueillis par @Hector Sudry Le Dû.

Crédit photos : @HarfeVisual.

Crédit Vidéo : @HarfeVisual

D6 #CESTSUPERBE