JEWEL est actif depuis plusieurs années dans le milieu du rap français. Après avoir sorti plusieurs EPs, il continue de travailler sa musique pour continuer de transmettre des messages à ses auditeurs et toucher les gens. Il s’est notamment fait remarquer lors de son passage dans Rentre dans le Cercle #6.  Rencontre avec…

Salut Jewel, tout d’abord, comment se prononce ton nom d’artiste ?

Comme tu veux, Jewel, ou même Gwel à l’américaine.

Comment vas-tu ? Pourrais-tu te présenter aux lecteurs de Superbe qui ne te connaîtraient pas ?

Je vais très bien. Pour ceux qui ne me connaissent pas ou ceux qui me connaissent déjà, il faut toujours se représenter. Je fais du rap français depuis maintenant un certain nombre d’années avec plus ou moins d’assiduité. Depuis deux ans je me donne les moyens pour arriver où je veux.

Tu surnommes Jewel, pourquoi ce blase ?

Je m’appelle comme ça depuis mes 15/16 ans. A ce moment là, je ne faisais pas encore de son. J’étais un gros fan de basket-ball. Mon joueur préféré était de la AND1 mix tape et dans un des films et il s’appelait Jewels. J’ai adoré. C’est aussi parce que je savais ce que ça voulait dire et que ça faisait référence aux bijoux. Qu’il fallait polir un caillou pour qu’il puisse briller. Je voulais faire quelque chose, je ne savais pas quoi mais je voulais qu’on me reconnaisse pour ce que j’étais.

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Aujourd’hui ça fait maintenant 8 ans que tu es dans le rap, qu’est ce qui t’animes dans cette discipline ?

Je peux m’exprimer, partager une émotion, et c’est le plus important. C’est aussi le fait de transmettre. Quand je sors un morceau avec un message et que les personnes qui écoutent se reconnaissent dedans c’est touchant. Ca me fait plaisir, parce que j’ai réussi à transmettre quelque chose.

Ton style de rap est un mélange d’auto-tune et de kickages permanents, pour moi c’est une balance idéale que tu gères très bien. Qu’aimes tu en mélangeant ces deux techniques ?

Kicker sera toujours mon truc, j’adore ça. Même dans la musique que j’écoutais plus jeune j’étais à fond sur les mecs qui kickaient. Fabolous, Jadakiss, m’ont toujours parlé. L’auto-tune, j’apprends peu à peu à le maîtriser, et j’ai été séduit en écoutant certains artistes car on peut aller encore plus loin dans les mélodies. J’essaye d’avoir un bon équilibre pour ne pas trop me perdre moi même.

Justement, en parlant d’écriture et de kickages, quelles seraient tes références rapologiques en rap français ?

Sans surprises, des mecs comme Alpha Wann ou Furax Barbarossa dont je suis un énorme fan depuis des années. 

Vous devriez faire un feat. ensembles !

Tu sais, parfois, je crois qu’il est mieux de ne pas approcher ses idoles. Je veux que ça reste comme un rêve.
Nekfeu aussi est incroyable ! Ces trois mecs sont de grosses références pour moi.

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En 2018 tu fais une apparition remarquée dans Rentre dans le Cercle #6, qui confirme ta présence non négligeable sur le terrain du rap. As-tu remarqué un changement après ça ?

Oui, j’ai rattrapé mon retard. A un moment, j’étais dans une maison de disques et il ne se passait pas grand chose. Un mois après en être sorti il y a eu le cercle et ça m’a permis de rattraper l’exposition que je n’avais pas eu jusqu’à présent. Ca ne s’est pas fait de manière significative, je n’ai pas signé je ne sais où et rouler en Porsche tout d’un coup, mais ça m’a fait rattraper ce retard que j’avais.

Dans la foulée tu signes un feat. avec Ol’Kainry, avec le morceau Miney Moe. Un clip simple mais très stylisé, peux-tu nous détailler cette connexion ?

On était dans la même maison de disques et on se croisait souvent en studio. Je ne me cache pas, je connais et j’étais trop content, je saignais ses sons depuis tout jeune. Ca s’est fait tout naturellement car on s’est croisé plusieurs fois et à un moment il m’a demandeé ce que je concoctais. Je lui ai fait écouter et il a trouvé que ça envoyait ! On a encore continué à se croiser, et puis un jour il m’a dit d’un coup: “t’es chaud ?”. Il m’a envoyé une prod. et c’était parti ! On a pu écrire ensemble ! J’allais dans la cabine, je sortais, il rentrait, c’était un jeu vraiment cool !

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2019 signe ton retour avec une série de titres et de vidéos intitulée “Tel“, comme ton EP.  Dans Tel #1, tu dis : “J’ai taffé mon  EP comme un album !”. Est-ce que cette année c’est plutôt un tournant pour toi ou la continuité de ta carrière ?

Je pense qu’on arrive à un carrefour, à un moment donné où il faut que je confirme ce que je suis en train de faire. Je ne peux pas me rater. Je n’ai pas le droit de me rater parce qu’on ne va pas me donner 1 000 chances non plus. Il va falloir que je continue mon travail, en confirmant ma place dans tout ça. Cette année va être décisive.

Tu dis aussi: “je suis un lascar et ça ne me fait pas rire”. Peux-tu nous expliquer cette phrase ?

Lorsque l’on me donne des rendez-vous dans Paris, je prends des stations de métro dans lesquelles j’ai toujours des anecdotes. Je me rends compte que j’ai beaucoup traîné dehors, même énormément et le bilan ne me fait pas marrer, parce que j’ai énormément galéré avec des histoires à dormir debout. Ca ne me fait pas rire mais en même temps c’est une force parce que je connais la rue.

Tu sembles particulièrement conscient de ta place dans le rap actuel, tes engagements dans tes textes en sont d’ailleurs la preuve. Qu’est ce qui pourrait te définir en 2019 en tant qu’artiste rap ?

J’aime bien que ce soit les gens qui me définissent. Je ne sais jamais vraiment comment je pourrais. J’aimerais m’inscrire dans un courant raconté. J’aimerais qu’on dise: “Ce mec est un très bon conteur”, il vient raconter de très belles choses. C’est ce que j’ai envie de faire. Je kick beaucoup car c’est comme ça que je crée ma brèche mais ce qui va se passer après sont des morceaux dans lesquels je vais beaucoup raconter.

Sur ton dernier clip, Tel #4, tu dis: “Si j’étais blanc je serai destiné à devenir noir “. Peux-tu aussi nous expliquer cette citation ?

C’est pour dire que ce qui m’arrive est fataliste. Dans tous les cas c’est comme ça que ça devait être. Je suis noir, et je suis arrivé noir, mais en même temps si j’avais été blanc, je serais noir dans le mood, l’état d’esprit. Je serais dans le sombre. Pas la couleur de peau, plutôt le nwar. Sombre.

Tu semble abonné aux sorties d’EPs depuis que tu fais du rap puisque tu en as sorti 4, quand est-ce que tu nous ponds un album ?

Je tiens à le faire et c’est peut-être un état d’esprit à l’ancienne, mais si je sors un album je veux qu’il cartonne.

Tu es en rodage !

Exactement, je me trouve, je me cherche. Si je sors un album c’est pour qu’il ai un succès au moins d’estime, mais que je puisse aussi trouver la soupape pour continuer. Il faut des moyens pour ça, une certaine assise. Je construis tout ça et dès que je le sentirais j’en balancerais un.

Tes visuels photos et vidéos sont particulièrement travaillés tout comme tes tenues. En 2019, quel est pour toi en pourcentage, l’importance de l’image pour un artiste ?

A mon grand mécontentement, ça représente vraiment 70 ou 80%. Nous sommes dans une génération ou nous scrollons énormément. Il suffit de voir la bonne couleur, le bonne image au bon moment et tu t’es assuré un clique. C’est sur cela qu’on essaye de jouer et pour ça que maintenant je fais attention à comment je m’habille. La première couleur que l’on va voir de moi va-t-elle attraper le regard de quelqu’un ? Ou pas ? Cependant je ne délaisserais jamais le fond pour ça.

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Superbe est un média qui parle de culture française et de sapes françaises. Est-ce que le style vestimentaire est important pour toi dans la représentation de ton art ?

Oui. Je ne sais pas si je vais faire un hors-sujet en te répondant, mais j’aime voir les gens qui ont de la singularité. Lorsque tu sens qu’il y a une histoire à travers un code vestimentaire. Même si c’est extravagant, il doit y avoir une raison à tout ça. J’aime ça. Je trouve que l’on peut s’affirmer de cette manière là, de part son style vestimentaire.

Aurais-tu trois marques de sapes françaises que tu apprécies particulièrement ?

AVNIER que j’aime beaucoup, même OrelSan d’ailleurs, je suis ultra-fan. Ce qu’il a réussi à faire est très très propre, du streetwear très propre. NTUCH’ de Mac Tyer que j’ai adoré parce que pour moi c’est de la haute couture. Je n’aurais pas de troisième.

Le média s’appelle Superbe, en quoi Jewel #CESTSUPERBE ?

Est-ce à moi de le dire ? En quoi je suis Superbe, je n’en ai aucune idée mais peut-être de part le parcours. Il est hyper chaotique mais en finalité c’est une grosse combativité donc c’est positif. N’y a t-il pas un peu de Superbe là dedans ?

Un dernier mot ?

Merci beaucoup pour l’interview et c’est cool de savoir que les idées qu’on met en place sont bien reçues et qu’elles sont remarquées. J’espère continuer à m’affirmer aussi dans ce domaine là ! Et SHOES UP… c’est quand vous voulez !

Crédit photos et propos recueillis par Ill’Yo Superbe.

JEWEL TEL #CESTSUPERBE