K.S.A. est actif dans le milieu du rap depuis plusieurs années. Il vient de sortir il y a quelque semaines son nouvel EP intitulé Quatre-vingt-huit. En passant par ses débuts à travers le gospel, ses multiples groupes, la création de son label, ou encore sa tournée avec Alpha Wann, rencontre avec…

K.S.A. comment vas-tu ?

Je vais bien !

Pourrais-tu te présenter aux lecteurs de Superbe qui ne te connaîtraient pas ?

Bonjour les lecteurs, c’est K.S.A. aka le Loup Blanc. Je représente Eddie Hyde, Brownie Dubz Gang, et tous ensemble nous formons un label qui s’appelle RPTG, plus connu sous le nom de Rang Pang Tang Gang Le Label !

Est-ce que tu peux nous expliquer les origines de ce blase, K.S.A. ?

A la base je suis un grand fan de 50 Cent. Mon premier blase de rappeur c’était Lil Fifty pour la référence. Mes potes m’ont dit que si je voulais faire une carrière ça allait être cramé que je m’en étais inspiré.  A l’époque j’avais un pote qui taguait et beaucoup de son entourage choisissait des blases comme Untel971, Truc972, car c’était l’époque MSN. Comme je viens de Kinshasa, ils m’ont appelé K.S.A. et c’est resté car tout le monde m’appelait comme ça.

Et pourquoi ce deuxième surnom Le Loup Blanc ?

Le Loup Blanc c’est un surnom que mes proches m’ont donné avec le temps. A une époque on rentrait dans des endroits grâce à moi ou des connexions qu’on avait et ils me disaient: “T’es connu comme le Loup Blanc !”. Aussi, le Loup Blanc peut manger d’autres loups dans une meute. 

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Tu es originaire de La Courneuve dans le 93, un quartier riche en artistes rap. Est-ce que ton quartier et ces artistes t’ont inspiré pour commencer le rap et continuer ?

A l’époque, quand j’étais plus jeune et que je voyais Alibi Montana, ou Kyzer, ou encore Zone faire leurs trucs, c’était inspirant. Ils avaient une vraie histoire derrière et ils avaient envie de défendre leur truc en étant indépendant. Ils faisaient leurs propres T-Shirts. Ils allaient presser leurs CDs. Ils étaient vraiment dans une démarche indépendante et étaient respectés dans le quartier en temps qu’artiste. En même temps ils avaient un passé difficile, et de voir que d’être dans la musique les aidait à changer et avancer. Ca te donne envie !

Tu rappes, et tu chantes également beaucoup. Peux-tu nous détailler cette particularité avec ton parcours dans le gospel ?

Mon problème c’est que j’aime trop le gospel, le RnB, la soul, et j’aime autant le rap que ces styles de musique. Ca peut même parfois être de la variété française. Ma vraie carrière d’artiste, le rapport avec la scène et les studios, tout ça a débuté avec la chorale. J’ai donc une base de formation de chant. Avec le temps quand j’ai commencé à vraiment rapper, je me suis rendu compte que ça allait faire mon identité. Ces sont deux mondes le chant et le rap et c’est vraiment ça que j’essaye de faire ressortir au maximum. Je ne pourrais pas arrêter de chanter comme je ne pourrais pas arrêter de rapper.

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Ca fait désormais 7 ans que tu es dans le rap. Qu’aimes tu foncièrement dans le fait de faire du rap ?

Avoir la même sensation que les autres artistes qui m’inspirent et me donnent de l’énergie. Parfois, quand je ne suis pas au top, j’écoute le son d’un artiste et il me donne une énergie et ça peut me motiver pour passer le code, pour une épreuve, un entretien… C’est cette sensation là que je cherche plus que tout et que j’essaye de transmettre à mon tour. Que les gens ressentent vraiment quelque chose quand ils écoutent ma musique.

Tu as sorti de nombreux projets entre 2012 et 2016. En 2016 tu décides de fonder ton propre label nommé RPTG. Pourquoi cette prise de décision?

Parce qu’avec l’expérience des plus grands dans le monde de la musique, on a vite eu un rapport avec les maisons de disque. Il y a eu beaucoup d’erreurs faites de notre part parce qu’on étais obnubilé par tout ce qu’ils pouvaient nous proposer ou nous donner. En grandissant en tenant compte de nos erreurs on s’est dit qu’on allait se protéger, et même aider d’autres artistes à se développer. 

Qui fait parti du label maintenant, et qui gravite autour ?

La première famille c’est vraiment Eddie Hyde, et Brownie Dubz Gang, les deux groupes dont je fais parti. On a toujours travaillé ensemble même si les deux groupes sont vraiment distincts et différents. Tu peux retrouver des prods. d’ Eddie Hyde dans l’album de Brownie Dubz Gang, et inversement. RPTG c’est à la base ces deux groupes. Ensuite grâce aux beatmakers du groupe, on a eu des connexions avec Don Dada Records, Le Roi Heenok, et beaucoup d’autres artistes extérieurs à notre cercle, car nos producteurs travaillent beaucoup avec d’autres personnes. Ca leur permet de propulser leur art au maximum.

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En 2017 puis en 2018 les choses s’accélèrent avec ton groupe Eddie Hyde, et la sortie de ton EP SWISH. Peux-tu nous parler de la dimension qu’a pour toi ce collectif Eddie Hyde, et de l’importance de ces deux dernières années dans ta carrière perso ?

Eddie Hyde, c’est ma vie, mon âme, mon école, ma base. C’est avec eux que j’ai commencé à me considérer comme un que rappeur. A partir du moment ou on a travaillé ma première mixtape en 2012 avec 3010, Take A Mic et d’autres. C’est vraiment ma fondation, on a eu la chance de faire notre premier album La Malediction du Nord en 2017, c’était une occasion de malade pour nous et j’en suis très fier. Comme dans tous les groupes au bout d’un moment il y a des personnes qui ont besoin de faire leurs preuves toutes seuls, et c’est pour ça que juste après en 2018 j’ai sorti SWISH. Après tout ces succès, je voulais proposer quelque chose de bon en solo. C’était une recherche personnelle, me retrouver dans ce que j’aime. Juste après ça on a réussi à créer cet univers et ça a marché. C’est une identité qui m’allait bien, on a travaillé l’image avec le studio, on a poussé toute la vague RPTG à ce moment là. C’est vrai que 2017 et 2018 étaient des années déterminantes pour moi. J’ai sorti deux projets en 2018. Je devais sorti Quatre-ving-huit avant, mais SWISH est arrivé sur le tas. On a trouvé plus judicieux de le sortir avant. Ensuite je n’ai pas pu sortir Quatre-vingt-huit dans l’année faute de temps, et il est sorti en 2019. 

On te retrouve en 2019 avec une grosse actualité, avec bien-sur EP qui sort, et aussi l’année avec la tournée d’Alpha Wann. Peux-tu nous détailler comment s’est faite cette connexion et pourquoi avoir commencé une tournée avec lui ?

Ce sont les beatmakers qui ont réussi à faire qu’on se connecte avec d’autres rappeurs. On a souvent des studios, pour que ces rappeurs en question rencontrent nos beatmakers, qu’ils y passent et que naturellement une affinité se créer. Alpha Wann c’est aussi parce qu’il habitait pas loin de chez nous et que nous étions amenés à nous croiser dans la rue, on se disait bonjour, et on se respectait. Quand il avait besoin de travailler son album, JayJay était là, et grâce à lui je me suis vraiment rapproché d’Alpha Wann et de là on a commencé à travailler sur ses morceaux. Il m’a invité sur le morceau Courchevel, tiré de son album Alph Lauren 3, dont JayJay a fait l’instrumentale. Après tout ça, on a eu une véritable alchimie. Un soir il m’a appelé pour me proposer d’aller avec lui en tournée et c’était impossible pour moi de refuser. Comme nous étions tous en train de travailler sur son album, c’était presque normal pour nous de l’accompagner.

Toi, quel était ton rôle sur cette tournée ?

Mon rôle était de faire les premières parties, j’ouvrais le bal. C’était un plateau de trois artistes: moi, Infinit’ et Alpha Wanna. Je jouais en premier pour chauffer le public une vingtaine de minutes, puis je rejoignais Alpha Wann sur scène, je l’aidais sur ses backs durant le concert. 

Est-ce que ça t’as fait évoluer et progresser sur certains points de ta dimension artistique ?

Beaucoup. j’étais dans ma zone de confort avec ma chorale et avec Eddie Hyde, là c’était un autre public, un autre style de rap. Ca te force à te dépasser, à chercher à pousser tes limites et être toi-même au maximum pour que les gens t’identifient bien. C’est important que les gens te situent directement lorsque tu es un artiste nouveau. Qu’ils prennent conscience de ton énergie. C’est comme ça que je vois les choses.

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Quand on écoute ton nouvel EP, Quatre-vingt-huit, la dominante est autant rap que du RnB. Est-ce qu’on peut dire que c’est vraiment le véritable style de K.S.A. ?

J’ai fait ce projet pour que les gens comprennent vraiment qui je suis dans le fond. Si je devais me définir je dirais aux gens d’écouter Quatre-vingt-huit. C’est un mélange des deux mondes. Il y a 4 titres un peu rap, et 4 titres plus chantés. Pour moi c’est la véritable identité de K.S.A. L’un ne va pas sans l’autre.

Est-ce que tu peux nous expliquer cette phrase, dans ton titre NOIR tu dis: “ Les OGs me disent de rester authentique” ?

D’un côté les jeunes me disent de faire mon billet, de faire de la Zumba, et de l’autre les OGs qui me disent de rester sur mes positions et de défendre mon art. Ce qu’ils me disent est très important,  au même titre que ce que les jeunes me disent. C’était pour que les gens comprennent que parfois les artistes sont dans une position ou ce n’est pas nous qui choisissons. On ne choisit même presque jamais. Si on a envie de donner une émotion, on la donne, mais derrière ça, ça peut se transformer en argent, en “t’as baissé ton froc” ou en “t’es resté un vrai“. On ne peut pas satisfaire tout le monde et c’était des questions que je me posais car dans Quatre-vint-huit je suis dans un entre-deux, et je n’ai pas encore la confirmation que je vais rester pour toujours dans cet entre-deux. Comme j’avais toutes ces questions en moi, dans ce projet je me parle beaucoup.

Tu sais que Superbe est un média qui parle de culture française et de sapes françaises, est-ce que le style vestimentaire est important pour toi dans le représentation de ton art ?

Ca va ensemble. Tu peux être le meilleur rappeur du monde, avoir les meilleurs punchlines du monde et les meilleurs prods., si tu n’as pas de style, si quand on te voit tu ressembles à rien ou qu’il n’y a pas ce truc qui va avec ton rap, on perd en intensité. Parfois un mec juste en le voyant arrivé, tu vas être impressionné. Tu vas te dire qu’il fait du rap, alors qu’il est peut être peintre, ou qu’il travaille à Auchan. Nous les artistes français, nous avons de la chance d’être en France. Il y a la Fashion Week, nous sommes reconnus pour la mode, la bouffe, le savoir-faire, donc c’est important que nous ayons cette image de marque. Un peu comme ce que les américains font avec leurs bijoux, mais ici en France nous pouvons le faire plus subtilement avec plus de raffinement. Un artiste pour moi doit avoir son image vestimentaire et dégager une énergie à travers son style.

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Aurais-tu justement trois marques de sapes qui te matrixent particulièrement en France ?

En France, c’est pas vraiment les grosses marques françaises qui m’impressionnent. Parfois les petites marques me choquent vraiment. C’est des noms dont je ne me souviens même plus, des vêtements qu’on ma passé. Les marques indépendantes commencent vraiment à avoir une réflexion poussée qui rivalise avec certaines grandes marques qui ont parfois des gros prix alors que ce n’est pas fou. Je pousse toutes ces petites marques à aller de l’avant et devenir BIG.

En quoi K.S.A. #CESTSUPERBE ?

Parce qu’il ramène la neige en été ! Il te fait skier par temps de chaleur et canicule. C’est pour ça que K.S.A.#CESTSUPERBE !

Un dernier mot ?

RPTG ! RANG PANG TANG GANGSWISHLAND arrive bientôt ! J’espère que les gens vont kiffer !

Crédit photos et propos recueillis par Ill’Yo Superbe.

K.S.A. QUATRE-VINGT-HUIT #CESTSUPERBE