Après l’EP 23h59, sorti il y un an, le rappeur originaire de Montpellier vient de sortir « Sophia », son premier album. Le buzz de son titre engagé Me Too, a su poser la crédibilité et tout le sérieux que l’on pouvait prêter à ce jeune rappeur. Une maturité assumée, développée et clairement constatée à l’écoute de ce premier album. Rencontre avec…

Vin’s ! Comment vas-tu ? Pourrais-tu te présenter aux lecteurs de Superbe Média qui ne te connaitraient pas ?

Moi c’est Vin’s, j’ai 27 ans, et je rappe depuis que j’ai 13 ans. Je fais ça tout le temps. J’ai signé il y a 3 ans chez Capitol, ce qui m’a permis de passer à un niveau plus professionnel dans la musique et je viens de sortir mon nouvel album intitulé « Sophia ».

Toi, c’est Vin’s, mais tu ne t’appelles pas Vincent, c’est ça ?

Exactement ! Je ne m’appelle pas Vincent, mais Charlie. Beaucoup de gens m’ont appelé Vincent à plusieurs reprises et c’est pour cette raison que j’ai fait un morceau qui s’appelle Vincent.

Pourquoi avoir choisi Vin’s comme blaze ?

Ça vient du film La Haine. Tout est parti de là ! C’était un délire ! On était une bande de potes un peu comme eux. On s’y est identifié et moi particulièrement au personnage de Vin’s. Le blase est resté. J’avais 11-12 ans. Pour l’anecdote, dans le film La Haine, c’est l’histoire d’un juif, un arabe et un noir, et nous de notre côté c’était un arabe, un juif et un portugais ! C’était un peu la même chose. Au début je cherchais beaucoup de blases et celui de Vin’s ne m’est pas venu directement après le film, mais à force de chercher, c’est ce délire qui est ressorti.

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Tu es de Montpellier. Tes influences musicales sont-elles liées à cette ville ?

Pas du tout. J’ai toujours écouté de tout ! On est de l’air d’internet en plus. J’ai plus été influencé par le rap de Marseille car j’y ai vécu 8 ans. Mais Montpellier c’est difficile, car il n’y a pas de grosses têtes, même s’il y a Joke (Ateyaba) ou encore Lacraps (article ici). On a d’ailleurs un featuring ensemble sur son prochain projet assez attendu. Il y a également eu le groupe Set Et Match. Au final, je suis pas mal influencé par Marseille, Paris et Grenoble ! J’ai également habité à Grenoble.

Nous t’avons découvert il y a plus d’un an avec ton titre « Me Too ». Est-ce que tu penses que c’est le morceau qui t’a révélé à un public plus large ?

Oui et non. J’avais déjà été révélé par le morceau « FB ». C’est grâce à ce morceau que j’ai signé en maison de disque. Ça m’a permit d’atteindre des millions de vues sur mes vidéos YouTube. J’ai fait « Oh Marianne » juste derrière, puis « Me Too » car c’était vraiment un morceau dont le projet suivait. Le label Capitol était derrière moi et ça m’a permis de vraiment promouvoir le morceau. Forcément « Me Too » m’a permis d’atteindre des médias que je n’aurais jamais atteint.

Ce titre a beaucoup tourné sur Facebook !

C’est vrai. J’ai fait beaucoup de morceaux sur Facebook et à chaque fois ça a fait le buzz. C’était viral. C’est principalement dû au thème choisi.

Surtout qu’en ce moment on voit des morceaux de plus en plus courts dans le rap.

Exactement, mais j’avais trop de choses à dire et je ne pouvais pas enlever des phrases.

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« Sophia » vient de sortir, d’où vient le titre de ton projet ?

J’ai un concept autour de ce projet. J’avais besoin de synthétiser ce concept qui est le processus qui permet de devenir pleinement soit même et d’accepter les choses telles qu’elles sont. En passant par le déni, le rejet des autres, le rejet du monde, la remise en question, la désillusion, la méfiance… Il y a tout un processus qui va permettre petit à petit d’accéder à une acceptation totale et d’accepter pleinement toutes les choses, les meilleures comme les pires. Finalement mon album retrace un peu ce processus, et sa finalité c’est « Sophia ». C’est la sagesse, qui est acquise avec l’expérience.  Ça reflétait vraiment ce projet, et j’aime l’idée de personnifier la sagesse par un prénom féminin. J’aime vraiment le fait de donner un nom propre à mon album et que ce soit un nom féminin. Ce sont des codes mais on a tout de suite tendance à mettre plus de sensibilité sur un prénom féminin. Je trouvais que ce paradoxe était intéressant, car au final ce projet est sombre.

As-tu réussi à synthétiser le processus d’acquisition de la sagesse dans ton album ?

Oui ! Tout le processus est synthétisé et chaque morceau pose une pierre, des morceaux viennent y répondre, ou contredire les morceaux d’avant. On part de « Ca c’est fait » sur lequel je remets tout le monde d’accord pour arriver à « Vincent » où l’on rentre dans quelque chose d’assez sombre pour enfin atterrir sur « Charlie », qui est mon vrai prénom. C’est à ce moment que l’on rentre dans ce que je suis vraiment. Même si je l’étais avant, mais avec de l’ego. Là, le masque tombe. Le refrain est : « j’en ai marre de faire semblant ». On rentre dans autre chose. C’est beaucoup plus sincère dans l’émotion, dans la fragilité, et c’est plus lumineux dans le choix des instrumentales et les vibes.

On retrouve d’ailleurs des featurings sur ce projet !

Oui, j’en ai 2 ! « Abimé » en featuring. avec LK, un frérot à moi ! Le deuxième est le dernier morceau de l’album, l’apogée de l’album, « Sophia » avec Sylver !

Sylver avec qui tu as déjà fait des morceaux !

Oui, il est sur le morceau « Peur ». On voulait faire une réponse à « 23h59 » vu qu’il est sur le dernier morceau. C’était la « Peur », maintenant c’est « Sophia ». L’acceptation de la peur. Il n’y a que deux featurings, ça me tenait à cœur de faire un album intimiste.

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Tu fais parti du Waza Crew. Est ce que tu fais encore des projets avec eux ?

Oui ! Ça me prend du temps puisqu’on est une vingtaine de rappeurs au sein du Crew ! L’album du Waza Crew et ça fait 6 ans qu’il est en cours. Il y a des dizaines de morceaux de côté. Mais c’est vrai que c’est dur car nous ne sommes pas tous dans la même ville et pas tout le temps disponibles. Difficile d’articuler tout ça… Waza Crew c’est la famille. C’est une bande de potes bien avant même d’être des rappeurs. Donc, c’est toujours mes potes et on fait toujours des choses ensembles, mais professionnellement dans la musique ça peut prendre du temps.

Le 27 septembre prochain, tu es en concert à La Boule Noire en concert. Une tournée va-t-elle suivre ?

Oui, l’objectif est de faire quelques dates. On est avec un tourneur  et on va se balader un peu en France.

Superbe est un média qui parle de culture française et de sapes françaises. Est ce que le style vestimentaire est important pour toi dans la représentation de ton art ?

Oui, bien plus qu’avant. Avant je ne me posais pas de question. J’étais habillé de la même façon que tous les jours même pour mes clips. Je prêtais beaucoup moins d’importance à l’image que maintenant. Aujourd’hui j’accorde beaucoup plus d’importance à cela. Je ne suis pas un fin connaisseur de mode, même si j’aime beaucoup ça et que ça m’intéresse de plus en plus. Le pouvoir d’achat joue également aussi. La sape, c’est important, même si on peut trouver ça superficiel, ça reste quelque chose qui te représente.

Aurais-tu 3 marques de sapes françaises que tu apprécies particulièrement ?

Oui ! Collab, Le Petit Narvalo, qui est un détournement du Petit Marseillais. J’ai habité longtemps à Grenoble et c’est une expression qu’on utilise beaucoup là-bas. Dan Maker, c’est aussi l’une des marques que je connais.

En quoi Vin’s#cestsuperbe ?

Vin’s#cestsuperbe parce qu’il y a du texte et de la réflexion derrière chacune des phrases. Le but c’est le souci du détail. Je me prends énormément la tête pour avoir un résultat qui me convienne et j’essaye surtout de transmettre des émotions dans ma musique, au-delà du texte. C’est ce que je cherche dans ma musique, faire ressentir des émotions.

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Derniers mots ?

Allez prendre l’album, il y a eu beaucoup de cœur mis dans ce projet et j’espère que vous allez apprécier.

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Propos recueillis par : @Kevin.Berard.

Crédit photos par : @LouisYago pour Superbe Média.

VIN’S SOPHIA #CESTSUPERBE